Déodandes et objets de fatalité

Cet après-midi on m'a demandé mon avis sur un objet.
Une patiente me montre une pierre grisâtre en me disant "une amie me l'a offerte, mais je voudrais votre avis!"

Bon, je la prends dans ma main et hop ! brûlures, sensation que ma main triple de volume et une envie de pleurer !
Je repose ce sacré caillou et je demande :"mais c'est quoi ce caillou ! d'où ça vient ?"

Et la patiente, un tantinet embarrassée, m'explique que son amie lui a ramené de... Ravensbruck. Oui oui, le camp de concentration où 90 000 femmes et enfants ont été exterminés par les nazis... Elle l'a ramassé à côté d'un four crématoire.

Entre la souffrance de ceux qui ont été massacrés, l'horreur des prisonniers chargés de déposer les cadavres dans le four, le sadisme de leurs bourreaux et toute la tristesse de ceux qui sont venu s'y recueillir depuis 70 ans, la charge énergétique était monstrueuse, dans tous les sens du terme !

Quand on a une amie comme ça, on n'a vraiment plus besoin d'ennemis ! Ladite amie a d'ailleurs gardé deux autres cailloux du même genre pour elle, un qui ira dans son salon et l'autre dans sa chambre. Cela lui promet surement de grands moments d'angoisse, si cela ne l'achève pas !

Au-delà de l'aspect glauque, voire irrespectueux de ce geste, j'aimerais attirer votre attention sur la réflexion qui doit être la nôtre avant d'offrir ce genre de trucs !
Franchement, à tout prendre, tant qu'à faire un "cadeau" pour vous débarrasser d'un ami, un stock de grenades ou un bocal de nitroglycérine, ça sera plus propre.
Au fou !